jeudi 19 mars 2009

Elite française et capitalisme: mais où est passé le pot de vaseline ?!

Alors que ma journée de dur labeur approche allègrement de sa fin (la montre flirte dangereusement avec les 15h), cela fait plusieurs heures qu’une question existentielle (et pour une fois ce n’est pas ironique) me taraude l’esprit tel un acteur bulgare en plein tournage. Il y a un bout de temps dont je ne me remémore plus le commencement que je me pose la question suivante : Pourquoi est ce que la nouvelle élite française rejette le travail salarié? Le traitement de cette vaste question est donc pour moi l’occasion d’avoir votre éclairage sur le sujet mais aussi de relancer un peu mon blog dont la productivité a suivi la morosité économique ambiante.

Il faudrait d’abord que je précise certains termes du sujet ; notamment celui qui doit déjà hérisser les poils et les mandrins des lecteurs les plus sensibles de la fibre égalitaire : l’ « Elite » (bouuhhh, bourgeois, méchant, fasciste, pédophile et autres quolibets que j’ai amplement mérités sifflent déjà dans mon oreille interne). Alors avant que vous ne vous vidiez de rage de tous vos liquides vitaux, sachez camarades révolutionnaires dans un verre d’eau que par élite, j’entends une réalité socio-économique bien précise. Il s’agit de la myriade de diplômés de grandes écoles d’ingénieurs, de commerce ou de facultés prestigieuses (et comme il se doit privées) qui sont sensés, chaque année et selon les prévisions consensuelles de croissance, servir de réservoir au renouvellement du management économique français (je sais j’abuse et en plus j’utilise des gros mots en anglais).

Si j’ai choisi de me concentrer sur cette frange assez fine de la société c’est parce que c’est celle à laquelle j’appartiens de facto et donc que je connais le mieux (attendez attendez laissez moi finir vous aurez tout le loisir de me guillotiner après). Mais surtout parce que c’est celle qui me parait la plus symptomatique du malaise que traverse la société française « de marché ».
Cette réflexion procède d’un constat simple mais récurrent : la plupart de mes camarades de promotion qui ont donc en gros deux années d’idylle bureaucratique derrière eux réfléchissent sérieusement à démissionner pour aller voguer sous d’autres cieux. Le problème c’est que bien souvent ils ne savent pas clairement vers quel nouvel horizon naviguer. Heureusement que la crise qui passe s’est chargée d’accélérer le choix pour certains d’entre eux. Quant à ceux qui ne sont de toute façon pas rentrés dans le monde « professionnel », ils étaient pour leur part d’ores et déjà rebutés par le moule du travail en entreprise. Vous m’opposerez peut être le fait que je ne connais que de grosses feignasses qui n’ont pas compris que le travail rendait libre et que de tels éléments parasitaires mériteraient d’être traqués et envoyés en camp de travail afin de contribuer même à leur échelle minable à la marche progressiste de la grande race. Je vous répondrai que vous avez peut être raison mais aussi de respirer un bon coup et de vous calmer avant de vous lancer dans une longue diatribe sur le fait que le corps du führer n’a de toute façon jamais été authentifié et autres élucubrations répréhensibles par la loi… pour le moment (tout fout le camp).

Enfin bref, la fainéantise voire la désinvolture de mes accointances ne les soustrait pas pour autant à un principe de réalité très simple : si toi y en a vouloir manger, toi y en a devoir gagner argent (ou avoir un papa blindé et n'ayant aucun sens de l'éducation). N’étant pas tous forcement très à l’aise pour dealer de la drogue ou braquer des bijoutiers à la voiture bélier, la plupart se sont donc fatalement tournés vers le salariat. Jusqu’à là rien de bien original, me direz vous ; ils ne font que perpétuer le schéma familial dans une sorte de reproduction frénétique des élites. Certes, mais il me semble que la différence fondamentale entre les deux générations réside dans l’état d’esprit avec lequel elles abordent le monde du travail. Car si certains de nos parents ont eu beau balancer des pavés en jeans slim et entonner, un joint au bec, l’internationale face à des CRS qui préfiguraient le premier opus de star wars (les miens perso devaient être planqués à la bibliothèque je pense), les lendemains ont beaucoup moins chanté pour eux que ce qu’ils ont pu espérer et théoriser. Je dirais même, qu’ils ont à peine siffloté. Deux décennies de crise quasi permanente entrecoupées de quelques booms salvateurs leur ont fait craindre une contagion généralisée de précarité et les ont amenés à mettre un peu plus de tabac dans leur herbe. La plupart d’entre eux de ce fait ont fini par réintégrer les « rangs » pour mener des carrières traditionnelles mais honorables au sein des mastodontes de l’industrie, de la haute fonction publique et des services français. A force de travail et de diplomatie (oui c’est le mot poli pour dire lèche), ils ont fini par gravir les échelons hiérarchiques de manière plus ou moins fulgurante. Néanmoins, ils ne se sont jamais privés pour nous raconter, une larme mêlant fierté et nostalgie au coin de l’œil que l’effervescence qui régnait le long du boulevard Saint Germain en ce mois de mai compte parmi les moments les plus heureux de leur vie malgré la férocité de la répression policière et qu’ils se sont rarement sentis aussi libres qu’à cette époque. Jusqu’à là ils ne différent pas singulièrement de leurs aïeuls qui noyaient les repas de famille des récits interminables de leurs trois semaines de résistance héroïque face aux armées nazies durant la campagne de France suivis de leurs hauts faits de désobéissance dans les camps pour officiers (des trucs du genre : « Monsieur, je suis officier de l’armée française, je préfère encore mourir de faim que d’avaler cette pitance infâme ». Ouf, l’honneur est sauf !). Mais là où les relents pseudo-troskistes de nos chers géniteurs s’avèrent dangereux, c’est que leur discours ne s’arrête pas au simple souvenir ; de manière plus ou moins directe, ils nous insinuent que les effets de leur révolte ne se sont pas vraiment dissipés et que nous serons les premiers bénéficiaires de cette nouvelle réalité. Une façon retorse de minimiser la stérilité de leur combat épique contre les forces conservatrices. Quoiqu’il en soit, notre génération a, de ce fait, grandi avec l’idéologie de la libération soixante-huitarde comme promesse; désormais le travail ne serait plus un accomplissement de notre être social en soi mais une composante de cet accomplissement parmi d’autres. Nos esprits assoiffés de libertés et de plaisirs rapides portent en eux l’illusion que le travail salarié n’est plus une finalité mais un moyen qui nous assure l’accès aux ressources financières nécessaires aux fondements matériels de notre bonheur. Il doit de ce fait se plier nos exigences de confort et de loisir grandissantes. Nous sommes, en quelque sorte, la nouvelle garde d’une idéologie sociale qui n’a pu être appliquée par ceux qui l’ont forgée. Mais la phraséologie officielle en la matière continue de stipuler que le passage de la parole à la réalité n’est qu’une fonction de temps et que les conditions socioéconomiques nécessaires à l’avènement d’un monde où le loisir souverain et l’épanouissement individuel règnent en maîtres seront bientôt réunies ; après tout il s’est bien écoulé un demi-siècle entre les écrits révolutionnaires de Marx et la révolution de 17.

Le problème est d’autant plus amplifié au sein de la caste des jeunes cadres qu'en plus de cette espérance individualiste, ils sont, au cours de leurs études, abreuvés de discours élitistes qui leur rabâchent à longueur de journée que le plus dur est désormais derrière heureux et qu’ils sont déjà engagés sur la voie royale puisque dépositaires de savoirs rares et captifs. Du coup, à peine sortis d’école, ils sont emplis de besoin de reconnaissance et d’exigences envers le monde du travail que ce soit en termes de salaires ou d’avantages sociaux. J’ai pu, récemment, en faire l’expérience avec un peu plus de recul que lorsque j'étais sur les bancs de ma vénérable école. Je devais avec quelques gentes dames des RH de mon entreprise me rendre à mon ancien campus pour servir, avec le sourire Colgate de circonstance s'il vous plaît, la soupe propagandaire à ces puceaux du salariat. Hé ouais mon pote, tel Satan j’entraînerais le maximum d’âmes dans ma chute ! Enfin bref, les dames en question qui ne connaissaient pas la faune à laquelle elles avaient affaire furent surprises par l’arrogance des jeunes minets en costumes cintrés. Ces sales moutards à peine sortis de leurs beaux quartiers parlaient sans complexe de salaires, d’avancement de carrière et de ce qu’ils estimaient leur convenir. Au « ils sont gonflés tout de même » un peu pataud de ma RH, je répondis avec un léger sourire que cela faisait partie de leur cursus. Elle prit cela pour une blague alors que j’étais tout à fait sérieux.

A ceux qui ont pu croire, donc, qu’ils avaient déjà atteint le sommet de la chaine alimentaire et que leur vie ne serait désormais faite que d’embarras du choix (et j’en faisais partie), je répondrai la même chose que Gandalf le gris à ce benêt de Frodo qui ne voulait pas comprendre que les hurlements qui s’approchaient des entrailles de la terre étaient ceux du Balrog venu des abysses pour lui faire les fesses : « fuyez pauvres fous ! ».
De toute façon, la plupart s’en rendent compte eux mêmes très vite au contact du monde de l’entreprise. Certains, par contre, s’accommodent très bien du futile confort mondain que leur procurent leurs titres supposés prestigieux par des gens qui n’ont aucune idée de la réalité de leur travail. Ceux là sont déjà perdus ; seul le goulag a une minime chance de les redresser.

Mais que s’est il donc passé pour atteindre un tel degré d’antagonisme entre espoirs de la jeunesse dorée et réalité socioprofessionnelle ? Que la plèbe ignare tombe dans le panneau passe encore mais que les esprits parmi les plus brillants de leur époque se fassent berner par un fantasme collectif aussi délirant, c’est que nous sommes face à un problème structurel de notre modèle de production. Il faut, à mon avis, se pencher sur le contexte historique qui a vu naitre une telle mythologie sociale. Je n'invente rien en disant que l’essentiel du XXème siècle a été marqué par l’affrontement idéologique Est Ouest, en d’autres termes, la guerre froide. Si pour le bloc soviétique, du fait du contrôle hermétique de l’information mais surtout de l'implacable férocité du petit père des peuples, il était aisé de faire croire à la supériorité de son modèle social, pour l'adversaire capitaliste la tâche était autrement plus compliquée afin d'endormir les velléités contestataires des masses consuméristes. Puisque le fruit de la discorde portait sur le social, le bloc capitaliste mis pendant 3 décennies l’accent sur la contraction du temps de travail, la démocratisation des loisirs, les prestations étatiques et toute la panacée socio-traitre qui va avec. Avec en méga bonus: la liberté d'expression mais surtout celle de consommation. Mes seigneurs sont trop bons! Le plan annoncé était le suivant; avec les progrès de la technique et l’ouverture de l’Asie à l’économie de marché, on nous promit que la pénibilité du travail n'était plus qu'une anecdote historique et que le monde « libre » se cantonnerait aux taches les plus nobles (et donc à la plus grande valeur ajoutée). En quelque sorte que les occidentaux et leurs affiliés deviendraient des rentiers oisifs qui profiteraient des fruits de leurs efforts avancés par rapport au reste du monde. Pendant que les machines et les chinois, dans leur grand atelier, trimeraient à notre place, nous nous regarderions nos petits enfants saccager le jardin de notre maisonnette dans le Luberon en riant à gorge déployée tels des chérubins de l'Eden, le tout en savourant, confortablement installés dans un rocking chair en osier, une bonne pipe bien tassée. Comme c'est touchant! Excusez moi je m'arrête un peu j'ai un haut le cœur rien qu'en imaginant la scène...

Qu'est ce que je disais déjà? Ah oui...le rocking chair, les gamins insolents, la bonne petite pipe (drôle d'association d'idées d'ailleurs). Pardon je reprends chers lecteurs: l’effondrement du bloc communiste précipita le craquellement de cette illusion. Son érosion fut graduelle et de ce fait le mythe se perpétua encore quelques années après la disparition du meilleur ennemi idéologique; ennemi qui depuis a repris à son compte les bonnes vieilles recettes made in USA. Aujourd'hui que Vladimir Vladimirovitch ne sait plus quel nouveau code inventer à son énième compte en Suisse, que le camarade Gorbatchev fait des pubs pour Louis Vuiton depuis que la CIA a baissé sa pension annuelle et que les oligarques russes équipent leur villas à Chelsea de filtre à polonium, nul doute n'est plus permis: cela ne sert plus à rien de sauter de l'autre coté du mur car le paradis du prolétaire est définitivement perdu. Désormais, le rideau de fer ne nous sépare plus; il est tout autour de nous. Vous me dites quand ca commence à être un peu trop glauque hein.
Du coup, la guerre des blocs au nom de l'idéologie suprême s'est muée en guerre des nations mondialisées au service du plus grand profit. Cette confrontation est encore plus ravageuse que son ancêtre puisque elle se répercute de manière fractale ; entre entreprises de toutes tailles lancés dans une course effrénée aux parts de marché, entre individus en compétition pour des postes de plus en plus rares, entre la Chine et le reste du monde. Tout cela dans un enchevêtrement qui tend à transcender frontières nationales et liens sociaux improductifs. Maintenant que nous vivons en situation d’idéologie monopolistique, les efforts de séduction des esprits ne servent plus à grand-chose ; on découvre soudainement que les prestations sociales coutent cher aux budgets nationaux et qu’ils faut les limiter, que le travailleur occidental ne travaille pas assez (travailler plus pour gagner plus, c’est pas de moi !), que le droit de grève limite la compétitivité des pays…

Que reste t il donc aujourd’hui de ces belles promesses d’avenir. Bon ben c’est simple ; tous les matins, à Paris par exemple, des centaines de milliers de jeunes cadres dynamiques s’entassent comme des sardines dans les navettes infernales qui sillonnent les entrailles de la capitale. Ils ont pour quelques stations comme seul contact avec l’altérité l’aisselle d’un grand vigile noir dans la face et le coude d’un plongeur paki bien calé dans leurs cotes. Heureusement que les émanations de transpiration, de pisse de clodo froide et d’autres aromes aussi exquis qu’indéfinissables fusionnent pour résulter en de délicieuses effluves qui chaque jour renouvelées nous font oublier notre indisposition passagère. Avec de la chance la rame ne s’immobilisera dans les tunnels (après un bon petit freinage sec qui vous remet les cervicales bien en place) et ne s'arrêtera « quelques instants pour régulation » que deux ou trois fois au cours du trajet. Au moins, ces sympathiques voyages matinaux sont l’occasion d’une mixité sociale devenue rare de nos jours. Bon d’accord, il y a mieux comme expérience de rapprochement entre les classes mais c’est déjà un début. Saupoudrez le tout de quelques chefaillons aigris et complexés et vous obtenez une belle petite névrose générale.
Quant aux machines modernes et aux chinois, c'est nous qui en sommes devenus les esclaves. Vous trouvez que j'exagère?! Eh ben moi je ne trouve pas que passer la moitié de sa journée à alimenter les délires binaires d'un processeur centrino core duo assoiffé d'acquisition de savoir humain pour une fois rentré chez soi (après avoir effectué en sens inverse, le trajet pittoresque sus décrit) voir sa rue envahie par une horde déchainée de noichis plus ou moins légaux qui s'agitent comme des mouches à merde dans des costumes bariolés de dragons 100% inflammable et kitch à en vomir son 4 heures sous l'œil bienveillant d'une tour Effeil illuminée en rouge vermeil à l'occasion de la visite de l'auguste Hu Jintao qui une fois de retour à Pékin offrira tous les contrats décrochés au prix d'hectolitres de salive de nos officiels à nos voisins teutons, soit (je vous invite à revenir au début de la phrase pendant que je reprends mon souffle, vu la longueur de mon illustration) une expression de la suprématie de nos sociétés modernes.
Quoi? Comment? Qu’entends-je? Moi sinophobe?! Pas du tout! Je n'ai rien contre nos lointains cousins chinois! Ouais bon quelques bricoles à peine; le fait que lentement mais surement ils prennent le contrôle économique de tout l'est parisien (oh toi tu sors pas souvent du 16 mon coco), qu'il nous font bouffer du rat vapeur à 1 euro pièce mais pardessus tout que lorsque le RER est bondé il vont quand même traverser toute la foule pour baisser le strapontin et t'enfoncer leur genoux calleux dans le bas des cuisses en esquissant un de leurs sourires à la fois angoissant et désarmant. Il faut dire, à leur décharge, qu'ils n'ont pas la même notion de la foule que la plupart des autres usagers. Je rigoooooooole bien sur! La preuve; j'adorais Bruce Lee petit. Bon je m'arrête là avant d'avoir une triade aux fesses. Vive le PCC, vive la Chine éternelle!

Pour revenir à nos citrons, euh... pardon nos moutons, certes les cadres sont loin d’être les plus à plaindre comparés à l'ensemble de la population mais je dirais néanmoins que leur désenchantement est celui qui pourrait amorcer une prise de conscience critique des finalités réelles du système capitaliste. Car étant sensés être le fer de lance de cette machinerie infernale, ils sont les plus fanatisés quant à son bien fondé ; leur chute n’en est que plus dure. Par contre, cela fait longtemps que les classes les moins riches minées par le chômage massif et l’alcool frelaté mais peu cher ne se font plus berner par les lumières de l’usine. La précarité socio-économique est comme la gangrène; elle remonte tout le corps social jusqu'à la tête. Mais pour être positif, je dirais qu’en minant la foi de ses lieutenants zélés, le grand capital amène lui-même les fondements de sa propre chute. Mais ça c’est un autre débat.

C’est ce que je qualifierais, tenez vous bien (ou comme dirait Barney wait for it), de « post 68 blues ». Je sais l’expression est digne d’un sociologue dégarni qui noie sa médiocrité avérée et finalement avouée dans la vodka (tropisme socialiste oblige) et la relecture de Bourdieu mais elle me parait assez bien résumer la situation décrite plus haut. De toute façon c’est comme pour la pub ; c’est les mélodies les plus débiles qui restent en tête (d’ailleurs je n’en peux plus de ce putain d’ami Ricorée qui n’arrête pas de me demander de tuer).

Néanmoins, je finirais sur une note optimiste (essentiellement pour ne pas avoir au cul un procès pour incitation au suicide et accessoirement à la haine raciale). Il ne faut pas perdre de vue que dans cet océan de détresse, quelques ilots d’espoir subsistent. La modernité nous a aussi apporté son lot de promesses réjouissantes (non je ne pensais pas à l’augmentation vertigineuse de la vitesse de streaming sur les sites porno mais pourquoi pas) ; notre aspiration actuelle au bien être nous a amenés à focaliser de manière béate sur le sort d’une planète qui nous a précédé et qui nous survivra. Du coup, on assiste à l’émergence de la pop du businees, j’ai nommé sa seigneurerie « l’économie verte » qui est sensée enfin concilier exigence de rentabilité et fondements éthiques (en tout cas envers les animaux et les acacias) ; et vas y que je t’invente des voitures qui fonctionnent au pétale de tournesol, que je t’installe des panneaux solaires à Oslo, que j’utilise les cendres de mamie pour chauffer le grenier ou que je te balance des glaçons dans la banquise. Enfin bref, que des trucs bon marché et faciles à appliquer dans les pays en voie de développement. En même temps, de l’autre côté de la rivière des dégénérés en phase terminale essaient de nous faire croire que bouffer des grains de maïs de la taille de mon gland est plus que bon pour la santé.
Quoiqu’il en soit ; tout cela génère de nouvelles idées technologiques, politiques et managériales, un nouvel élan entrepreneurial et même, allez je me lance, un mini boom schumpétérien (comment ça je me la pète ?!). Je vous avouerais, au risque de vous étonner, que je n’y crois que moyennant. D’une part parce que je me méfie, du haut de mon immense expérience de la vie, des grands moralisateurs aux blanches mains qui nous vendent de belles alternatives aux fondements éthérés ; car ceux qui vilipendent le système actuel en se roulant un oinj sous le soleil écrasant d’une plage de Porto Alegre devraient commencer par lire les statistiques socio économiques de l’Etat du Rio Grande do Sul (j’ai déjà vérifié sur wikipédia). D’autre part, et à mon sens en tout cas, une activité économique quelque soit son objet se fonde sur le même principe dur et froid comme du métal (j’accepte aussi comme le sexe d’un mort) : l’accumulation scientifique et donc amorale (je n’ai pas dit immoral jeune bobo, calme toi maintenant) du profit. Plus simplement, il faut être très con et/ou très riche pour diriger un business qui n’aspire pas à gagner le plus d’argent possible. Car si toi tu ne le fais pas, l’empire du milieu le fera pour dix fois moins cher (oups). Désolé pour la rechute de pessimisme: c’est plus fort que moi, je trouve les phrases badantes beaucoup plus intelligentes que les autres. De toute façon, je m’arrête là ; je suis à court de venin.

Dites moi donc avant de partir ! Est ce que parler de tout ca ne vous fait pas penser à la même chose que moi. Ceux qui d’emblée ont répondu une p’tite branlette (si si y en a, toi au fond te cache pas t’es méga grillé et en plus t’en as partout le falzar) sont la preuve vivante que la répression psychiatrique en France est inopérante. Mais si concentrez vous, faites le vide dans votre tête (pour ceux qui sont congénitalement prêts attendez les autres svp). Est-ce que vous n’entendez pas cette mélodie familière s’échapper des recoins de votre subconscient de plus en plus distinctement ?! We don’t need no…. Voilà c’est ca , on y est. Finalement, ils étaient pas si cons ces sales drogués!

Bon sur ce, je vais apporter un peu de légèreté à mon être (autrement dit aller déposer délicatement un gros étron frétillant au fond de la cuvette des chiottes). Sur cette dernière note poétique, je vous salue chers lecteurs et/ou amis.

Ah oui j’oubliais le plus important : je repasse ramasser les copies dans 2 heures. Hey teachers leave them kids alone…


P.S : Du côté de ma propre vie professionnelle, les news sont les suivantes :
J’ai déménagé dans une nouvelle tour, un jeu assez prisé au sein de mon entreprise. Rien de spécial à signaler à part que le mobilier est bordeaux qu’il fait un froid de congélo et que les fenêtres sont dotées de pics anti pigeons à moins qu’ils ne soient là pour prévenir ma propre évasion. En plus, je partage désormais ce charmant bureau avec un petit rital excité qui abreuve son écran et son combiné téléphonique de « va fa enculo, putana, catzo » et autres amabilités transalpines à longueur de journée. A peine cliché.
Par contre, une belle avancée à signaler : en changeant de réseau, tous les pârfeux internet ont disparu ! Grave erreur mes seigneurs, gravissime erreur…