vendredi 12 décembre 2008

Le capitalisme promoteur de l’interculturel (1/2) : Souvenirs du Japon

Aujourd’hui ma journée a démarré comme il se doit au sein d’une grande entreprise française ; par une réunion de 2 heures. Ma chef et moi devions rencontrer un ingénieur japonais qui doit peut être rejoindre notre équipe. J’avais déjà eu l’occasion de le rencontrer au cours d’un déplacement à Milan ; cette rencontre du troisième type m’a laissé un souvenir intarissable. Non pas que je sois « nippophobe » mais l’individu en question était très bizarre même pour un Jap (et ce n’est pas anodin comme affirmation croyez moi).
Au cours de l’entretien en question où pourtant il y avait des français, des italiens, un indien, deux kazakhes et moi-même, il avait mis tout le monde d’accord sur le fossé culturel qui séparait son peuple de tous les autres et plus particulièrement la divergence de sa configuration mentale par rapport à la norme humaine. Il s’était lancé, une heure durant, dans un anglais plus qu’approximatif, dans la présentation d’un obscur logiciel de modélisation. Sa présentation était truffée de graphes et de tableaux de chiffres énigmatiques qui semblaient pourtant lui paraître limpides vu l’excitation dont il faisait montre à chaque fois qu’une nouvelle diapositive apparaissait à l’écran. Ce qui était encore plus déroutant, c’est qu’il utilisait des mots anglais (enfin à 90%) mais les phrases en résultant n’avaient aucun sens en anglais. Il était d’autant plus difficile de le suivre que toute demande d’explication se heurtait invariablement à un sourire figé, un roulement complet des yeux (j’exagère peut être mais je me rappelle que ça me faisait flipper vachement), le tout ponctué par une série d’onomatopées propres aux japonais comme « ohhhhhh, hhhha » etc etc… A la suite de quoi, il reprenait son récit d’origine comme si de rien n’était. Nous nous regardions médusés conscients d’être témoins d’un spectacle rare. Au bout d’un moment, comme nous commencions tous à nous endormir, sa boss dut l’arrêter en insistant à plusieurs reprises. Il finit par se taire, un peu vexé (il fronçait très fortement les sourcils) mais, de temps en temps, comme si quelqu’un avait appuyé sur play, il reprenait une démonstration inachevée pour nous convaincre du bien fondé de son raisonnement ésotérique. Je n’en pouvais plus ; mes côtes allaient exploser mais je me retenais car les autres participants semblaient plus agacés qu’amusés. Alors que franchement, les occasions de se marrer en meeting sont tellement rares à moins d’être d’une perversité sans bornes…

C’est donc avec ce souvenir loufoque que j’entamais ma seconde « confrontation ». D’entrée de jeu, Motoyashi (que j’ai appellé Yamamoto tout le long de la réunion) mit la barre très haut ; il déplia, sans un mot, deux feuilles A3 sur la table. L’une comportait une centaine de lignes de calcul colorées en fluo, l’autre un graphe bizarre avec des flèches et des dessins partout. Ca y est ; c’est reparti pour un tour ! Mais étant rôdé cette fois, je mis mes écoutilles en off et me concentrai sur ses traits du visage puisqu’il était juste devant moi. Cheveux couleur jais, coupe au bol, yeux bridés, hochement de tête caractéristique, débit de paroles saccadé et avec des changements de tonalités brusques. Rien de bien original pour un Jap, somme toute.

De temps en temps, je lui posais une question afin d’apporter ma contribution à la réunionite. Il me répondait poliment à chaque fois « yes yes », je lui demandais s’il avait compris la question pour vérifier et il me répondait aussitôt « no ! ». Son comportement déconcertant suscitait des regards complices entre moi et ma boss ; cet homme a, en plus, des pouvoirs magiques !

A l’issue de cette réunion totalement stérile, Moto me suivit, de son propre chef, dans mon bureau. J’étais un peu gêné car je ne savais pas trop quoi lui dire. Heureusement, qu’il vit, très vite, Tokyo mon chat porte bonheur. Il s’extasia dessus comme un gamin ; je lui racontai brièvement mon voyage dans son pays natal jusqu’à l’heure du déjeuner. Déjeuner qui fut, par ailleurs, l’occasion d’une grande première puisque je déjeunai pour la première fois avec ma chef. Mais comme je n’avais pas le cœur d’abandonner le pauvre Moto entre les griffes de cette sangsue, je vins donc à la rescousse. Quoiqu’en y réfléchissant bien, vu le bordel que c’est dans la tête de notre invité nippon, c’est peut être à elle que j’ai sauvé la vie (meeerde !). On aurait pu la retrouver ligotée à poil au milieu du parking avec un entonnoir rempli de limaces planté entre les cuisses et un autre rempli d’excréments dans la bouche pour à la fois la nourrir et l’empêcher de crier (le sens pratique des japonais n’est plus à prouver). C’est peut être moi qui suis malade finalement…

Enfin bref, l’élan de nostalgie qu’il suscita en moi me donna l’envie de vous raconter mon voyage au pays où le soleil n’est ni moins ni plus levant que dans les autres. Je tiens quand même à vous avertir cher(s) lecteur(s) :
Avertissement : A tous ceux qui s’attendent à un guide de voyage au Japon personnalisé, je dis la chose suivante : allez acheter un guide du routard ou un Lonely Planet à jour et revenez lire la suite. Dans le récit qui suis, je vais plutôt m’attacher à raconter mon expérience personnelle du pays sans m’appesantir sur les détails touristiques ni me doter d’une réelle cohérence spatio-temporelle (j’aime bien ce mot ; il fait tellement science fiction).

Rentrons directement dans le vif du sujet. Je fais un fast forward sur les 12h de vols aussi durs que longs à s’enfiler.
Dès l’arrivée, la différence culturelle se faisait sentir et je ne parle pas du fait que tout le monde soit bridé. Ma première expérience d’altérité fut à l’occasion de ma première cigarette sur le sol japonais. Cela faisait bien 6h que j’en rêvais déjà ! Je me précipite donc hors de l’aéroport et sors une savoureuse clope de mon paquet en me délectant à l’avance du goût de nicotine qui allait sous peu envahir mes papilles et mes poumons. Juste avant de l’allumer, je me rends compte que les autochtones me regardent de travers ; je regarde autour de moi et découvre un gros écriteau sur lequel il est marqué : « please do not smoke out of the smoking area ». La smoking area en question était à l’autre bout de l’aéroport ; il s’agit en fait d’une petite serre où les fumeurs s’entassent comme des condamnés autour de hôtes aspirantes à l’efficacité remarquable. L’air à l’intérieur était, néanmoins, tellement chargé en fumée qu’il n’y avait même pas à sortir sa cigarette pour augmenter ses chances d’attraper le cancer. J’ai trouvé cette technique de dissuasion très subtile ; « vous pouvez fumer si ça vous chante mais vous aller en chier comme un fantassin à Okinawa ». En même temps, je n’en ai pas trop souffert puisque mon respect des « smoking areas » disséminées un peu partout dans la ville n’aura tenu que deux jours. Quoique j’avais toujours un relent de remords en jetant mes mégots au beau milieu des trottoirs impeccables.
Dans le bus qui me conduisait vers la maison de la cousine chez qui je logeais, je remarquai, les yeux mi-clos, que les bâtiments industriels étaient entrecoupés de mini rizières ; dans un pays où le manque d’espace est un problème obsessionnel, chaque parcelle de terre est bonne à assurer l’autosuffisance alimentaire. Je m’imaginais déjà en train d’ingurgiter matin, midi et soir mon sempiternel bol de riz gluant. L’avenir me donnera tort en l’occurrence.

Je fus sorti de ma somnolence de décalé horaire par l’émergence de la ville dans mon champ visuel. Sous la grisaille, Tokyo ressemblait à un mix entre Gottham city et le New-York de Futurama (http://www.google.fr/ pour ceux qui se demandent ce que c’est). Au dessus, d’un relief vallonné, une multitude de grattes ciel se concurrençaient à perte de vue. Le ciel était sillonné de routes superposées qui atteignaient les toits de certains immeubles. Je n’avais jamais rien vu de comparable, alors même que je n’avais encore rien vu.
Arrivé chez mes cousins, une famille charmante d’ailleurs, j’étais à mes limites de résistance au sommeil. On m’interdit pourtant de piquer un somme afin de ne pas chambouler mon cycle du sommeil. Tu parles ! Ce fut un enfer ! Pour me distraire on me fit faire le tour du propriétaire ; on m’expliqua que les 60m2 (pour un couple et 3 enfants) avec jardin étaient un privilège en termes de taille d’habitat. Il faut dire que l’espace dans une ville de 12 millions d’habitants est le luxe ultime. Par contre, les japonais se rattrapent sur la convivialité de leurs immeubles : halls d’entrées luxueux et dotés de leur propres salles de bains, parapluies fournis à l’entrée au cas où une de ces pluies soudaines assez fréquentes là bas se déclare etc etc

Un peu plus tard dans la soirée, on m’emmena me détendre à un onsen : le bain traditionnel japonais. Il s’agit en fait d’une succession de bains chauds aux parfums variés et inattendus : rose, jasmin, thé vert, fenouil. L’onsen en question se divisait en trois parties ; une partie réservée aux hommes, une partie exclusivement féminine et une dernière mixte. Conventionnellement, on se baigne nu dans les parties unisexes; c’est même interdit de porter un maillot. Le mari de ma cousine et moi choisîmes tout de même d’enfreindre la règle. Ça ne me gênait pas trop vu que mon penchant exhibitionniste n’est stimulé que dans les lieux où cette pratique est réprouvée. Ça avait l’air, en tout cas, de beaucoup déranger nos hôtes qui n’arrêtaient pas d’aller cafeter au surveillant (comme nos amis d’outre Rhin, ils aiment beaucoup ça à ce qu’on m’a dit). Ayons ignoré les remontrances du garde bassin (qui lui-même n’était pas à poil) à plusieurs reprises, on renonça finalement à nous défaire de nos mœurs de barbares. Je ne vois pas de quoi les autres clients se plaignaient d’ailleurs, puisque fidèles à leur racisme épidermique, ils quittaient chaque bassin à peine avions nous trempé un orteil dedans. Par contre, ce fut l‘occasion pour moi de vérifier un point ethnologique qui nous tracasse tous ; oui ils en ont des toutes petites (mais assez poilues par contre) ! Raison de plus pour ne pas m’obliger à déballer le matos et leur foutre des complexes.

Mais tout cela est anodin à coté de la partie mixte. Sur plusieurs mètres carrés, se succédaient des reconstitutions de paysages naturels et d’architecture traditionnelle qui servaient de cadre à des bains très chauds (mais alors là très très chauds) : cascades, mini palais, grottes et même un igloo (je n’ai toujours pas compris comment il ne fondait pas sous la chaleur étouffante). Comme il pleuvait, je m’étonnais du fait que le lieu soit bondé. On m’expliqua qu’ils étaient essentiellement fréquenté quand ils faisait mauvais temps car au bout d’un moment on ne sent plus le froid (mouais !) et encore le must c’est sous la neige. Je pense quand même que les japs aiment bien se faire mal de temps en temps.
En tout cas, au bout de quelques heures j’avais l’impression d’avoir fumé un gros joint ; j’étais d’un relax insolent. Ce soir là, je dormis comme un bébé (sauf que les bébés ne se réveillent pas avec une gaulle douloureuse le lendemain! pardon les familles tout ça, je n’ai pas pu m’en empêcher ; je commençais à trouver le récit un peu trop policé!).

Les jours suivants, j’ai traîné seul dans Tokyo ; de toute façon il est difficile de s’y ennuyer lors d’un premier voyage. La ville est, en fait, un patchwork de quartiers aussi différents que surprenants: Electric Town, Shibuya, Ropongi, Shinjuku, Ueno… enfin bref, on s’en fout des noms.
Ce qu’il y a de saisissant dans cette ville c’est la juxtaposition de la modernité la plus criarde et d’éléments de tradition multi centenaires. Les parcs en sont un parfait exemple ; au beau milieu de Shinjuku, un quartier branché de la capitale, s’étend sur plusieurs hectares l’insoupçonnable Meiji Shrine. Ce n’est pas vraiment un parc d’ailleurs ; c’est un jardin gigantesque construit autour du tombeau de l’empereur Meiji (de toute façon, pas de parc sans macabés là bas). Quand on s’y engouffre pendant quelques minutes, on du mal à croire que l’on est encore au beau milieu d’une ville du XXIème siècle ; les agressions sonores de la modernité s’estompent petit à petit pour finir par disparaître et le rythme du temps semble se ralentir (j’en fais pas un peu trop là ?). Les néons fluos cèdent la place à des arbustes parfaitement taillés, des assemblages de fleurs savamment mariées et des mares remplies de carpes immondes mais très chères à ce qu’il parait. En tout cas, flâner pendant des heures , que ce soit au parc Meiji ou celui du palais impérial, est un plaisir qui flatte les sens et transporte l’esprit (j’arrête là j’ai un haut le cœur tellement ce qu j’écris est dégoulinant de romantisme).

Le décalage avec le vacarme et la modernité urbaine qui vous saisit dès que vous en sortez est, du coup, déroutant.
L’antithèse de ces parcs traditionnels est l’impressionnant carrefour de Shibuya. Mais si vous connaissez : c’est le carrefour qu’on montre à la télé à chaque fois qu’on fait un reportage sur le Tokyo cosmopolite. De jour comme de nuit, des milliers de fourmis… euh pardon de gens traversent en flots discontinus ce carrefour sous les lumières psychédéliques d’écrans de publicité géants.
C’est, en autres, en ce lieu où la jeunesse délurée du pays traîne en fin d’après midi. Oui je parle bien des gonzesses habillées comme des actrices SM en trip régressif et des mecs sapés comme des mouches à merde sous ecsta (c’est pas facile à visualiser je le concède). En fait, leurs « rebelles » sont assez décevants ; ils sont tous pareils et portent des fringues et des gadgets qui valent le salaire mensuel d’un cadre. L’uniforme du djeun’s cool japonais est extrêmement codifié ; jupes et shorts ras la fouffe pour les meufs, baggys et marcels pour les mecs avec piercings et extensions capillaires aux couleurs improbables pour les deux, le chapeau est aussi un attribut commun (évidemment que je résume madame). On a plus l’impression que c’est un rite de passage de l’age ingrat qu’une manifestation contestataire profonde. De toute façon, pour être un vrai rebelle, là bas, il faut jeter ces mégots de cigarette par terre et traverser les feux piétons au rouge. Et je peux vous dire que bien souvent j’avais l’impression d’être Tony Montana. De toute façon, on pardonne tout aux étrangers ; ce ne sont que de pauvres barbares qui ne peuvent apprécier la poésie d’une fleur de lotus en éclosion.

Par contre, une fois passé à l’age adulte, la métamorphose est brutale. C’est le début de 50 ans au moins d’austérité absolue; on enfile son costard sombre pour les mecs, ses ballerines et sa gabardine pour les filles. A la poubelle les piercings et les cheveux longs (je vous rassure pas pour les filles). Dans un pays où historiquement l’individualisme a toujours eu du mal à émerger face au bien commun, le dévouement au shogun et le respect des codes ancestraux a laissé place à la loyauté à l’entreprise et aux horaires à rallonge. Eh oui !même les 2000 ans de raffinement civilisationnel isolé du Japon n’ont pas su résister longtemps au déferlement des paradigmes capitalistes (il faut dire qu’une bombe A dans la gueule ça aide à reconsidérer sa position). Si ces pauvres samouraïs (dont les descendants dirigent aujourd’hui les conglomérats du pays) savaient ils se seraient peut être détendus un coup. Il en faut de la motivation pour découper pendant des années des tiges de bambou en quête du geste parafait; leur héritage aurait été moins trippant, en même temps. Je relativise, tout de même, en précisant que si la forme a changé le fond tendu est resté presque intact.

Et comme tendus, ils le sont éminemment. Les sus nommés cadres là bas ne marchent pas ils trottent, pour déjeuner ils se précipitent tous vers un marchand ambulant de sushis qu’ils engloutissent debout avant de courir au bureau en marmonnant. Je les imagine bien le soir, plongés dans la solitude froide de leur cage à poule tapissée de bambou, une bouteille de saké à moitié entamée sur la table basse, la télévision crachant les hurlements torturés d’un porno gore (oubliez tout ce que vous connaissez en la matière, ils sont imbattables dans le domaine). A peine le monument du 7ème art achevé, ils se saisissent de leur poignard à double lame qu’il enfoncent jusqu’au à la poignée dans leur bas ventre en étouffant un râle de douleur qui leur déforme le visage. Le sang finit par couler et serpenter le long de leur yukata en soie pour enfin se mêler à leur foutre encore chaud. Eh ouais mec ! Fallait pas se louper sur la slide n°23. (la même scène peut être aussi imaginée au pied d’un cerisier dont les fleurs à peine écloses sont balayées par une brise printanière pour les âmes un peu plus fleur bleue. Le résultat est le même ; l’urne funéraire).

Sans transition, au cours de mon rapide séjour, je pris aussi trois jours pour visiter Kyoto et Nara, deux anciennes capitales impériales. Ce fut l’occasion de prendre le Shinkanssen (le TGV nippon). Ceci me valut, étant donné mon sens de la ponctualité, une course contre la montre dans les dédales du métro tokyoïte d’autant plus excitante qu’il est strictement interdit de courir dans les couloirs là bas (ni de parler à voix haute dans les rames !). Je réussis tout de même à attraper mon train au moment où les portes du train se fermaient ; gros kiff ! A peine installé, je faillis m’asphyxier ; j’avais pris le wagon fumeur par « exotisme » sans me douter que là bas quand on fume dans un train ce n’est pas un plaisir mais un travail à la pièce. On prend une place fumeur et on s’engage à l’honorer tel un samouraï tout le long du trajet. En arrivant à Kyoto, j’avais perdu au moins une demi journée d’espérance de vie.

Kyoto et Nara surtout sont assez différentes de Tokyo ; ce sont des villes plus réduites, presque plus rurales. En tout cas, l’usage de l’anglais déjà parcellaire à la capitale, se fait plus rare. Mon erreur fut d’opter pour le bus comme moyen de transport ; ce fut un véritable calvaire ! Tous les plans étaient en japonais de sorte que les touristes se perdent, pleurent et ne reviennent jamais probablement ; on en en veut autant aux étrangers qu’aux thons rouges dans ces contrées apparemment. Les chauffeurs de bus ont fini par me confirmer cette impression en s’entêtant à contrôler encore et encore mon billet alors que je leur demandais de m’indiquer le bon arrêt à force de gestes tellement universels qu’un chimpanzé lobotomisé les aurais compris. J’ai encore un frisson dans le dos quand je repense à leurs regards sévères. Leur dureté vient peut être du fait qu’ayant été tous candidats à être kamikazes durant la seconde guerre celle-ci n’a pas assez duré pour qu’ils aient l’occasion de s’exploser avec jouissance contre un destroyer américain. Depuis, ils ont beaucoup de mal à se vider des milliers de bars de pression qu’ils avaient accumulés à l’époque. Et aucune prostituée aussi endurante et dévouée soit elle ne peut y remédier. Du coup, il leur reste les étrangers perdus ; surtout ceux dont on ne peut même pas imaginer la provenance comme moi. Au final, je n’ai jamais autant marché qu’à Kyoto !

Néanmoins, les deux villes valent largement le détour. Sans m’épancher sur la foultitude de temples shintoïstes et bouddhistes magnifiques qui y cohabitent, je vous recommande comme morceaux choisis les pavillons d’or et d’argent à Kyoto qui sont, à mon sens, deux exemples flamboyants du goût japonais pour le détail. Quant à Nara, il n’y a rien retrancher puisqu c’est une sorte de ville musée avec un circuit montagneux que l’on fait en une demi journée. Ne ratez pas tout de même (de toute façon c’est impossible, ils sont partout) les daims « sacrés » qui peuplent le flanc de montagne auquel la ville est adossée. J’incite néanmoins mes lecteurs zoophiles (et je sais qu’ils sont nombreux) à refreiner leurs ardeurs car la réaction des locaux risque d’être féroce.

Je ne peux évidemment clore cet article sans évoquer la gastronomie locale rapidement. En quelques mots : le jour où dans un restaurant japonais à Paris, on sortira les poissons de l’aquarium pour les tuer et transformer en sushis devant vos yeux on reparlera d’une comparaison possible. Faudrait déjà commencer par avoir des japonais dans les cuisines ; ce serait un bon début. Car le sushi au pays du soleil vénère est plus qu’un art c’est une philosophie de vie (dixit Thierry Marx pour les conoisseurs). Pour devenir maître sushi, il faut suivre un processus initiatique qui va de la plonge jusqu’à la préparation du poisson en passant par le vidage de la bête. Ça prend à peu près dix ans pour vous donner une idée. En tout cas, le résultat est fameux.

Ah oui j’ai failli oublier ! Malgré tout ce que j’ai pu dire auparavant, ce qu’il y a de plus prodigieux au Japon, ce sont les distributeurs omniprésents dans les villes et dispos 24h. Distributeurs de quoi ? Distributeurs de tout ! Boissons alcoolisées ou non, café, nourriture chaude et froide, cigarettes (on peut même choisir son dosage de nicotine). C’est le pied ; aucune fringale de foncedé ne peut rester inassouvie. Il est paradoxal qu’un peuple aussi écrasé par le sens du devoir puisse être aussi sensible aux outils du confort matériel. A moins que ce ne soit une autre ruse infâme de la bête capitaliste en vue d’aliéner les forces productrices (calme toi, respire un bon coup). Hummmm… faut que j’y réfléchisse.

Je pourrais continuer encore sur des pages et des pages mais je préfère m’arrêter là pour ne pas vous lasser (et parce que j’en ai marre d’écrire aussi). Je pourrais encore gloser pendant des heures sur le rapport des japonais à la langue anglaise ou encore la criminalité recrudescente chez les seniors qui préfèrent croupir en prison qu’affronter la honte de la rue. Mais si vous vous voulez plus de détails n’hésitez pas à me laisser un commentaire (comme vous le faites déjà par millions !). Comme dit ma copine : « heureusement que tu n’es resté que 10 jours là bas ! ».

Tout cela étant dit, quand je passe mon bureau en revue j’ai envie qu’un vortex inter dimensionnel s’ouvre et me télé transporte à Tokyo ou New York ou N’djamena ou un quartier craignos de Bogota… à partir de Baghdad, en fait, je commence à chipoter.

Bon, je dois vous laisser car j’ai un second entretien avec mon ami japonais qui risque d’être folklorique (et en effet, il le fut. En fait, au moment où je termine ce message, je viens de revenir de la réunion. J’avais l’impression d’assister à une pièce de théâtre surréaliste à petit budget coincé entre ma chef et Hiro Nakamura).

Ah au fait ! Avant de vous quitter, je tiens à signaler que ce mail n’est qu’un prélude à un texte plus analytique disons sur le thème des voyages et du brassage culturel dans le monde des entreprises capitalistes (oui d’où le ½ dans le titre, d’où le titre aussi).

To be continued…

P.S : Les bonnes nouvelles du jour (à part l’extraterrestre japonais) : on nous a livré une tonne de petits chocolats pour café avec lesquels je me goinfre depuis ce matin et en plus, il y a une petite grosse avec une énorme paire de seins à l’étage maintenant. C’est Moto qui va être content…

lundi 17 novembre 2008

De la relativité du bad : Élucubrations sur fond de crise mondiale


Bon bah décidemment aujourd’hui aura été une journée en « hypotension » ; à savoir un état d’aversion à l’activité qui signale une approche critique de la zone de dépression. Mais j’ai encore un peu de marge… j’espère.

Il faut dire que Paris ne m’aide beaucoup, en ce moment. On dirait que la ville a pris de l’avance sur les signes avant coureurs de l’apocalypse (je lis pas mal sur le sujet en ce moment si ça peut vous donner une idée de mon état d’esprit).Vents glaciaux, couche de nuages gris permanente, pluies soudaines et violentes. De temps en temps, je vérifie par la fenêtre si La Bête n’est pas en train de rôder dans les parages avec un agneau ensanglanté dans la gueule. D’autant plus que mon we très ensoleillé à la campagne chez un ami homosexuel de ma copine (50% d’entre eux le sont, je ne sais pas pourquoi) m’a un peu désadapter au temps de merde.
En même temps, ça me prépare un peu à Atryrau city. Soyez patients vous n’entendrez bientôt plus parler que de ça sur ce blog !

Autant dire que j’étais remonté à bloc pour attaquer cette semaine de joyeux labeur : arrivée à Badland Ltd vers 10h15, habillage, consultation assidue de mes mails, pause café clope. Oui vous avez bien lu, je me change au bureau ; je laisse toujours un costard accroché (en l’occurrence étendu car je n’ai pas de cintre en ce moment). J’enfile mon uniforme en arrivant et je m’en déleste en sortant. Non pas que je vive dans une cité dangereuse et minée par le chômage mais je me sens toujours un peu ridicule en costume ; est ce qu’un boucher (ou un chirurgien moldave) se promène avec son tablier maculé de sang dans les rues de la ville ? Eh ben moi non plus. A toux ceux qui ont répondu oui à la précédente question, je leur conseille de changer de boucher rapidement. Il est peut être déjà trop tard au moment où je vous écris.
Cette habitude me procure d’autant plus de satisfaction, qu’elle flatte mes tendances exhibitionnistes. Et je vous avouerais qu’en ce moment je suis servi ; la tour d’en face étant très proche de nos bureaux, je suis à peine défroqué qu’une demi douzaine de paires d’yeux affolées et outrées se posent sur mon « paquito » indécent. Je peux vous dire qu’il sait les recevoir en frétillant un bon coup dans son étui. Et encore j’ai la politesse de garder le bas!
Enfin bref, le temps que la sève redescende de l’arbre, je me rends compte que mon téléphone est verrouillé ; après enquête, j’apprends qu’un technicien l’a désactivé et que comble de la chance il ne pourra le remettre en marche que mercredi car il est en formation. Et un moyen de communication vers l’extérieur en moins ; chic je commençais à être agoraphobe. Cet évènement était un signe clair que je devais aller rejoindre mes quelques amis à mon ancien bureau avant de commettre l’irréparable. Je préviens donc ma mégère de chef (je suis méchant parcequ’elle est gentille au fond. Arretez de faire oooooh !!) que je ne mangerai pas avec elle aujourd’hui encore et je file à l’autre tour (oui je vis entre deux tours mais ça n’a rien d’un remake du seigneur des anneaux). Là bas, je déjeune deux fois ; une fois en tant qu’acteur et la seconde en tant que spectateur. Ensuite je joue à mon jeu préféré : « la balle de billard » je rebondis d’un bureau de pote (je sais pas comment dire autrement) à un autre jusqu’à ce que tout le monde me chasse officiellement. J’ai tenu deux heures aujourd’hui ; beau score !

Une fois revenu à mon bureau, je constate avec plaisir qu’il n’y a plus personne à l’étage. Je me rends compte que j’ai un entretien de prévu au ministère de la récession technique vers 18h. Un sentiment d’angoisse étouffante m’envahit aussitôt rien qu’en m’imaginant errer comme une souris piégée dans le labyrinthe du bâtiment Colbert (et encore j’ai de la chance ce n’est pas le hall Vauban). Je pris donc mon téléphone et me décommandai des mes deux entretiens (je me disais qu’un double fill à la suite ferait moins mal) auprès de la secrétaire en prétextant être coincé à Pau à cause de la grève aérienne. Excuse mesquine mais crédible (merci camarades pilotes d’Airfrance ; puisse votre combat aboutir avant que j’ai besoin à nouveau de prendre l’avion pour de bon). La dame me proposa de fixer un nouveau rendez vous mais j’esquivai rapidement en disant que je la rappellerai après avoir checké mon agenda surchargé (j’ai un événement le 24 décembre et un autre le 31). Je pense que je ne la rappellerai jamais. Merde alors je vais être black listé dans ce département ! Tant pis ; c’est bon de brûler les navires de temps en temps.

En fait, en me remémorant les différents entretiens (voir messages précédents) que j’ai eu au ministère la semaine dernière, je me suis rendu à la dure réalité ; je ne suis pas fait pour être cloîtré pendant des heures dans un bureau exigu, surchargé de dossiers mal rangés avec pour seul horizon visuel une moquette vert pale mouchetée de bleu. Oui, je confirme, les clichés en la matière sont vrais, voire sous évalués. Et une fois votre rapport imbittable au commun des mortels fini, il faut aller le présenter, de préférence de manière obséquieuse et servile, à un chef austère et dégarni qui reporte toute la frustration du refus de sa dernière promotion sur vous (et probablement un peu le fait que sa femme soit imbaisable et que les autres le font payer). Car à force d’entasser des diplômés d’écoles prestigieuses dans les postes A+ (c’est l’équivalent de cadre dans le jargon public) des ministères ils finissent par se barrer la route. Et du coup, inévitablement, une carrière ne se joue plus à la compétence avérée mais aux litres d’auguste sperme hiérarchique que l’on peut avaler (veuillez excuser ma vulgarité mais si vous avez été choqués par celle-ci ne lisez pas les phrases d’après). Je n’ai ni la gorge assez profonde ni assez de salive pour faire passer tout ça. En même temps, je sais, personne ne se définit comme étant un gros suceur de chefs ; les gens préfèrent dire « je suis ambitieux ! », ça sonne mieux généralement.
Je préfère encore effleurer de temps en temps le gland fané de mes boss actuels pour leur donner un petit kiff. Ils ne sont pas très difficiles à satisfaire, il faut leur reconnaître cette qualité.
Pour être honnête (profitez en), l’image de ses bureaux fermés et identiques qui entrecoupent à perte de vue les murs en marbre marron du ministère me glacent un peu le sang. Je trouve mon bureau presque chaleureux en comparaison et en plus je suis assez libre de mes allées et venus car une réunion est si vite prétextée ici. Ce serait stupide de ma part de quitter mon bad ordinaire pour me précipiter vers un autre plus hardcore. Quoique la suite du programme si je reste ici risque de rééquilibrer tout ça…

Plus sérieusement, pendant que je me lamente sur mon sort comme une lopette (j’en suis conscient rassurez vous), les 20 dirigeants des plus puissants de la planète se réunissaient à Washington pour trouver une solution « métaphysique » à la crise économique mondiale. C’est marrant je croyais que c’étaient les mêmes qui l’avaient laissée éclore. Faut croire que je suis un peu limité.
Quoiqu’il en soit, saviez que ces 20 pays représentent à eux tous seuls 85% du PIB (et donc de la richesse) mondial ? Ça vous donne une idée du poids qu’ont les 100 et quelques autres pays dans les organismes internationaux et les négociations multilatérales.
Vous savez peut être aussi que dès les années 50, des économistes renommés avaient théorisé la croissance « zéro » comme le point stable d’une économie développée. Ça aura pris du temps mais on y est finalement arrivés ; sauf que maintenant on n’est pas contents ! L’insatisfaction humaine est chronique décidemment ! C’est pour ça que notre vie est labeur et que nos femmes enfantent dans la douleur !

Sur ces considérations d’une érudition et d’une profondeur difficiles à égaler (je laisse une chance aux autres car je suis modeste), je me tire de ce trou à rats savants car, je vous le rappelle, je suis déjà seul à mon étage (eh oui il n’y a pas qu’à la fonction publique qu’on se tripote la seringue…)

Ciao et j’attends toujours vos propositions d’emploi… ou autre (j’ai rien dit !)

P.S : BlackMonk est ce bien toi ?
P.S 2 : J’ai hésité longtemps avant de mettre cette photo horrible comme illustration du thème peste vs choléra. Mais elle m’a fait tellement marrer que je la laisse un peu avant de la remplacer par une image un peu plus « intellectuelle»

jeudi 13 novembre 2008

Paris est elle vraiment plus vertueuse qu'Amsterdam? Réflexion post champi


Afin de fêter dignement la bravoure de l'armée française lors de la grande guerre, mes amis, dont je vous parlerai très certainement plus longuement, et moi avons décidé nous aussi d'attaquer le front nord est. La victoire fut totale; Vendredi 7 Novembre 2008 avant même que les 12 coups de minuit retentissent nous étions tous réunis à AMSTERDAM la merveilleuse (oui le superlatif trahit mon admiration de drogué amateur).

En plus des amabilités d'usage (Jack Herrer, white widow et autres northern lights), ce voyage était pour moi l'occasion d'une grande première: tester les champignons hallucinogènes que j'appellerai dans toute la suite du récit les champis par simplification mais aussi un peu par affection. Avant d'y goûter, je n'avais pas d'avis définitif; une certaine appréhension, certes, mais une grande envie de franchir le pas initiatique. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours été attiré par le monde du non visible qui me fascinait et m'horrifiait à la fois. Je crois fermement aux forces spirituelles au monde de l'intelligible. Je trouve, de ce fait, passionnantes les tentatives artistiques, ésotériques ou méditatives afin d'y accéder.

La découverte des drogues naturelles, était pour moi en grande partie un moyen d'explorer le monde de l'invisible; cela me donne, toute proportion gardée, l'impression d'être l'héritier des prêtres primitifs qui se sont initiés il y a de cela des milliers d'années. Je trouve inouï, voire troublant, qu'il existe autour de nous des éléments naturels et donc ,s'il on est croyant, des créatures divines qui permettent de modifier notre perception du réel ou encore de faire surgir des agissements profondément enfouis en nous comme une seconde nature.
C'est aussi, je l'avoue, un moyen rapide de se faire de bons et plus ou moins longs trips entre potes.

Enfin bref, durant ce we, nous en primes deux soirs de suite avec des résultats inégaux mais agréables, en ce qui me concerne en tout cas. Nous étions dans des états seconds pendant des heures avec des notions du temps et de l'espace totalement dilatées. Lorsque nous fermions les yeux, nos hallucinations visuelles étaient tellement intenses et inédites qu'elles ne peuvent être transcrites verbalement. En gros, nous avons ,durant trois jours, circulé dans un périmètre étroit entre notre auberge (le flying pig pour les conoisseurs) et un parc mitoyen. Nous avons , tout de même, dans des élans de témérité, tenté des incursions en centre ville pour nous nourrir de burgers et déplaner tranquillement dans nos coffeshops préférés. Au final, nous nous sommes bien amusés en nous tapant de bons fous rires et avons abordé toutes sortes de sujets des plus puérils aux plus existentiels (on était notamment tous d'accord pour abandonner nos métiers actuels).
A peine revenu à Paris, le changement d'ambiance était radical; même temps de merde avec en prime contrôle de police sur le quai de la gare du Nord, saisie de mon sachet de weed et sermon moraliste. Il s'en suivit une belle manifestation de la loi de Murphy qui ne vaut pas la peine d'être évoquée. Fini la liberté mais vive Paris quand même! Je savais qu'au pire je pourrais me mettre une murge sévère en toute impunité.

Ce qui m'amène à poser, de manière plus sérieuse, la question suivante: quelle est la rationalité de l'interdiction légale des champis (entre autres) alors qu'ils sont le fruit de la nature spontanée. Des arguments faciles doivent déjà fuser dans vos têtes: danger pour soi et pour les autres, criminalité et autres chimères à la queue fourchue. Mais réfléchissez quelques secondes: croyez vous vraiment que quelqu'un qui voit le sol respirer et ses tiges de cigarettes zigzaguer en rigolant béatement soit réellement un danger imminent pour la société? Car il ne faut pas perdre de vue que le fondement de nos lois est la protection de la norme sociale. Et celle concernant les drogues douces, dans lesquelles je range les champis, me semble beaucoup plus culturelle que rationnelle. Déjà au moyen âge, on brulait, sous prétexte de sorcellerie, les paysannes et plus particulièrement paysannes qui étaient en proie à des crises de délire sous l'effet de l'ergot de seigle qui pousse sur certaines céréales. L'Europe médiévale avait dès lors oublié et récusé son passé druidique;il en est toujours de même aujourd'hui. La peur du camé a remplacé celle du sorcier.

Malheureusement, force est de constater, que même en Hollande, la tendance législative va à l'encontre de mon argumentation. Les rues du quartier rouge bruissent depuis quelques semaines à propos d'une loi qui interdirait la commercialisation des champis dans les smartshops. La pression de ses voisins européens et notamment français y est certainement pour grand chose. L'évènement déclencheur est d'ailleurs beaucoup plus proche de nous que l'on peut croire: une jeune française de 17 ans est morte en se jetant d'un pont à Amesterdam lors d'un bad trip sous champis en 2007. L'accident est certes dramatique mais n'arrive pas à m'ôter de l'esprit le fait que l'alcool, au volant ou pas, est l'une des causes de mortalité majeures dans notre pays. Et pourtant le consensus veut que tels accidents sont dus à des comportements excessifs isolés et que la clé en la matière est plus à chercher du côté de la modération individuelle que de l'intervention légale. On s'évertue même à trouver des vertus médicales à certaines variétés de vin et pourquoi pas penser que le whisky fait remonter les cours de bourse ou que la vodka aide à apprendre le russe pendant qu'on y est. Il faut dire que si le lobby des producteurs de marijuana était aussi puissant que celui de des viticulteurs l'asymétrie du discours officiel ne serait pas si flagrante. Je tiens à faire remarquer, par ailleurs, que les vertus médicinales du cannabis dans l'atténuation de la souffrance de certaines pathologies lourdes est avéré. La réalité est qu'il n'y a jamais eu autant de beuveries et de comas éthyliques en écoles et facultés; on boit parce qu'il est cool de boire jusqu'au vomi et non plus seulement par plaisir. J'ai pu le constater récemment lors de mes études . J'ai du mal à ne pas y voir un deux poids deux mesures culturel en la matière.
Plus important que cela, je trouve franchement dommage que nos sociétés prétendument positivistes ignorent de manière bornée les clés ouvrant des portes vers d'autres mondes. C'est l'occasion d'un réenchantement naturel du monde que nous négligeons, en fait.
Votre avis sur le sujet m'intéresse beaucoup.

Les origines du mal!


A force de vous parler de l’enfer que représente pour moi mon travail actuel, il serait temps de faire un petit descriptif de mon lieu de travail et de mon équipe de choc. C’est en fait, le récit de ma première journée dans mon nouveau bureau que j’avais transmise à l’époque à mes anciens collègues et que je vais vous faire partager (oui je sais vous vous en foutez un peu mais j’insiste).

D’abord la compo :
Emilie et sophie ; les deux secrétaires africaines de l’étage : à priori sympa, pourvu que ca dure.

Dominique ; ma chef : gauchère imbaisable. Je n’arrive pas à la définir autrement car cela explique assez bien son état actuel. Attendez je fais un effort … je cherche je cherche… ah si ! Psychotique ; ça lui va bien aussi.

Loyd (ou un nom à la noix qui y ressemble), le DF : un rouquin qui fait semblant de ne pas entendre Dominique quand elle parle. Première impression : gros blaireau.

La bande de consultants : parqués à 5 dans un bureau pas plus grand que le mien. Ne présentent pas d’intérêt particulier à part que la seule fille du groupe est très mamelue (je sais je suis un gentleman).

Et enfin, des quinquagénaires anonymes dont les regards vitreux rehaussent l’allure fade qui errent comme des âmes en peine dans les couloirs en traînant leurs bidoches dégueulasses. Je ne sais rien d’eux et je ne veux pas en savoir plus.

Les présentations étant faites, revenons au déroulement des événements. J’avais à peine quitté mon ancien bureau qu’un sentiment d’angoisse commença à m’envahir. A mesure que j’approchais de la tour du bad (là où je travaille maintenant), il ne cessait de grandir. J’essaie de me ressaisir, me dit que je suis un grand garçon et que mes états d’âme ne sont que de la gâterie… Rien n’y fait ! J’avais à peine badgé pour accéder à l’étage qu’une sirène stridente doublée d’un gyrophare rouge type Starsky & Hutch s’enclenche dans ma tête. Une voix affolée me répète inlassablement : « Barre toi mec ! Tu looses (ca prends un s ?!) ». N’étant pas encore complètement névrosé, je continue tout de même mon chemin de croix (ou de croissant turque si certains préfèrent)

J’ouvre la porte en bois usé de mon bureau et je constate, avec dégoût, que rien n’a changé par rapport à ce matin (première visite). Mêmes murs en plaques ocres, même moquette bleue souillée, même vue imprenable sur les bureaux de la tour d’en face. De quoi déprimer un bisounours sous oxygène liquide en somme. En regardant bien autour de moi je constate qu’on m’a installé une superbe imprimante HP Laserjet P2015d à ma droite. J’ai du mal à refreiner mon érection ! Heureusement qu’en tournant la tête je découvre, avec ravissement, que je suis pile en face de la porte marron (mais beau petit marron diarrhée alors) du local basse tension. Charmant ! Quoique si je décide d’en finir ça peut être rapide et moyennement douloureux. Vous voyez que je peux positiver.

Au bout d’un quart d’heure je me décide d’aller voir la morue qui me sert de boss et qui occupe le bureau mitoyen. J’entre en disant bonjour ; rien de bien original. A ma grande surprise, elle sursaute de sa chaise en poussant un cri de bécasse blessée (ne me demandez pas comment je sais reconnaître un cri de bécasse blessée). Elle gagna du coup dix points de plus sur mon échelle du mépris dont elle trustait déjà la première place. Elle m’explique qu’elle avait déconnecté à cause de la lecture d’un document somme toute assez chiant et que mon entrée lui a fait peur. Une meuf normale quoi ! Elle embraie sur des banalités sans fond mais j’avais déjà fermé les écoutilles en arborant un sourire niais et hypocrite.

Je retourne à mon bureau en repensant aux paroles de Fabrice (mon ancien boss) qui m’a répété à volonté que ce serait « une belle aventure ». Je l’imagine dans la foulée nu à quatre pattes, dans une prairie, en train de se faire un plan à trois avec deux ours des apalaches déchaînés. Ça c’est une belle aventure qu’on peut raconter à ses petits enfants !

Un peu barbouillé par toutes ces émotions fortes, je me mets en quête des toilettes. Je fais le tour complet de l’étage avant de découvrir, ô comble de joie, qu’elles étaient à coté du local base tension. Comment ai-je pu les rater ?! J’ouvre la porte. Jusque là, tout va bien but wait for it… je découvre que la porte des toilettes était en fait un vortex interdimensionnel qui donne accès au tiers monde : miroir tacheté de noir, marbre jauni, distributeurs de savon vides, faïence blanche avec des motifs verts hôpital. Je ressors, vérifie, re-rentre. Non non c bien ça je suis bien au 8eme étage de la tour du bad. Le petit panneau demandant aux messieurs de laisser les toilettes et les lavabos PROPRES (en majuscule dans le texte) finissait de me le confirmer. Au cas où quelqu’un déciderait de se soulager de sa paella de la veille dans le lavabo peut être, je ne sais pas.

Ayant constitué un dossier préliminaire mais bien solide sur l’affaire , je reviens donc à mon portable , qui est désormais mon seul ami, bien décidé à vous faire part de mon nouveau cadre de travail.
Au moment où je lève la tête pour voir si je n’ai rien oublié, je découvre que le toit est grillagé comme une fenêtre de prison et que seul un néon sur deux fonctionne. Au moins, ça explique la semi pénombre dans laquelle je suis constamment plongé. Entre ça et l’immense tour à côté, je vais devenir aveugle en redécouvrant les rayons de soleil vers Mars Avril. Chic alors ! ça m’évitera peut être d’aller au Badésthan (je veux dire le Kazakhstan, mais ça c’est pour un autre épisode).

Le petit coin détente

Sans transition, un pot pourri de liens vers des sites qui gagnet à être connus (que je connais en tout cas):

http://www.tchatche.be/yeti5.html Lien vers un site contenat tous les jeux Yetisports qui présente l'avantage d'échapper aux pare feux les plus stricts.

http://denisemilani.canalblog.com/ Le site d'une jeune fille à la plastique superbe et généreuse (un peu trop peut être) qui profite d'un business modèle ingénieux à savoir montrer son corps son dévoiler les points critiques (ca suffit vous verrez). Par contre, quand on l'entend parler, on se rend compte très vite que ce n'est pas elle qui a eu l'idée.

Et en bonus, un ppt du salon de l'automobile de Francfort expliquant (de manière frappante) pourquoi Subaru a du mal à se vendre en Europe:

Mes entretiens au Ministère


En quête de reconversion depuis quelque temps (ce qui n'aura pas échappé aux lecteurs les plus assidus), je me suis mis en tête qu'un emploi au ministère de l'économie et du badé financier me conviendrait peut être. Empli donc de clichés sur la fonction publique (horaires de bureaux de poste, pauses à rallonges et vacances tous les 15 jours), j'ai entamé une série d'entretiens avec des individus tous plus ternes les uns que les autres. J'ai plus, d'ailleurs, l'impression de réaliser un documentaire sur la bureaucratie française que de passer en entretien. Je devrais peut être emmener une caméra cachée la prochaine fois.

Rien que ce matin, profitant de l'absence de mes boss, j'ai eu deux entretiens. Preuve de mon extrême motivation, je suis arrivé avec 20 minutes de retard ce qui n'a pas manqué d'impacter ma ponctualité pour la seconde entrevue du coup. Belle entrée en matière. Il faut dire qu'à moins d'être l'architecte qui a construit le ministère ou Passepartout, c'est quasi impossible de se retrouver dans les dédales de Bercy; allées et bâtiments identiques, monte charges inutilisables mais ressemblant comme deux gouttes d'eau aux vrais ascenseurs et succession de panneaux tous plus elliptiques les uns que les autres (Pile7, Ascenseurs Nord, Bureaux D...) pour s'orienter.
Ah oui j'oubliais; avant d'entrer il a fallu passer par un portique magnétique gardé par les douanes au cas où un dangereux forcené viendrait essayer de braquer le temple de l'argent de l'Etat. Quoiqu'il n'est pas exclu que la vengeance de certains anciens employés aigris à force de faire la ronde des loges à paerasse soit terrible. En tout cas, vu le fatras que j'ai toujours dans mes poches (clés, briquets, capotes, vieux papiers..), il m'a bien fallu 5 minutes pour passer sous l'oeil agacé des messieurs en costume auquel j'appartiens au moment où je vous écris. Enfin bref, tout cela me donnait envie d'en être déjà.

Mon premier interlocuteur était un homme assez guindé mais dont le zézaiement le décrédibilisait totalement à mes yeux. Malgré son allure stricte, sa chemise et sa cravate roses trahissaient une certaine excentricité. Je n’irais pas jusqu’à faire une analyse de ses penchants sexuels. Le gente damoiseau au CV impressionnant par ailleurs (X, ENSAE,LES svp) me noya de concepts budgétaires et de sigles tous plus barbares les uns que les autres d’entrée de jeu. Me voyant décrocher, il essaya de m’appâter avec une note de synthèse qui aurait plongé un clerc de province dans un coma prolongé. Je dus malgré tout me ressaisir quand il commença à me poser des questions du genre : « imaginons que la croissance du PIB baisse de 1% et que le déficit budgétaire… » J’étais complètement à côté de la plaque d’autant que je m’étais engeulé avec ma copine la veille et que je préparais ce que j’allais lui balancer à la face. Néanmoins, il semblait être intéressé par mon profil (au sens figuré j’entends) mais voulait vérifier mes compétences auprès d’un de mes partons qui bien évidemment ne sont pas au courant que je cherche un nouveau travail. Je lui répondis poliment que je lui transmettrais un nom en passant en revue mes amis au boulot qui pourraient simuler être mes chefs.

Je courus, ensuite, de l’autre côté de l’allée principale pour retrouver mon second interlocuteur. Changement de style ; petit gros débraillé à l’air suffisant. Il m’expliqua longuement qu’il était en charge du financement d’une bonne partie de l’économie française à lui tout seul et que, contrairement aux autres blaireaux, lui avait des missions opérationnelles. J’eus du mal à dissimuler, l’érection qui s’en suivit. Je lui fis un topo rapide de mon parcours et lui expliquait que je ne trouvais plus de motivation dans mon job. Je lui lâchai même un « je me fais chier » afin d’introduire une pointe d’informel. Ma vraie fausse crise d’honnêteté marcha à merveille si ça vous dit de la recaser.
Intéressé aussi par ma candidature (décidément il ne leur en faut pas beaucoup), il m’emmena au bureau de sa « sous »-directrice pour prendre rendez vous. Personne n’était là bien évidemment. J’esquissai un sourire à la limite de l’effronterie. Les clichés ne sont pas si éculés finalement.

En quittant mes deux potentiels futurs chefs, je trouvais que le mec de la semaine dernière était presque funky malgré son laïus sur la solitude du macroéconomiste et mon job actuel presque pas mal.

Mais un tel job présente un avantage substantiel pour moi; il est limité dans le temps. Au cours de mes trois derniers entretiens ainsi que celui des RH, on m’expliqua que n’étant pas fonctionnaire ni issu d’un des corps de l’Etat, je ne pouvais prétendre à autre chose qu’un contrat de deux ans. A chaque fois, je pris une mine affligé dégoulinante d’hypocrisie et je répondis que je ferais avec en me marrant intérieurement. Un boulot où on sait qu’au bout d’un certain temps on va aller voir ailleurs je trouve ça pas mal moi. Non ?

En sortant du « paquebot » je n’étais pas moins déprimé qu’en y rentrant ; tout ce que j’avais entendu ne me convaincant pas que je quittais mon poste pour quelque chose de meilleur. Privé, public, mixte, dès qu’il y a des carrières en jeu, c’est un peu pareil tout ça.

Voilà, j'espère que j'aurais suscité des vocations de futurs serviteurs de l'État qui en a bien besoin malgré tout.
J'attends toujours vos propositions de taf. Amateurs de zoophilie s'abstenir; j'ai mais limites tout de même. Quoique tout se négocie...


P.S: Passepartout est le nain de Fort Boyard à ceux qui se posent la question encore.

mercredi 12 novembre 2008

Liens streaming de séries que j'aime

Pour les amateurs de Barney et de ses amis:www.himym-tv.com/
Un petit coup de blues? Rien de mieux qu'un épisode de la famille Simpsons (ou deux, ou trois...):www.chezhomer.com/

Cool, Zen, Lexomil


Un petit site pour passer les nerfs. Vous allez rigoler en voyant votre boss passer. J'espère...

www.doodie.com/anger_management.php

De l’aliénation : recherche idée de travail

Bon voilà malgré toute ma bonne volonté, cela n’a pas tardé avant que je décroche de mon boulot ! En même temps, vu que la journée est presque finie (il est déjà 15h), je n’ai pas beaucoup de remords professionnels. Je vous avouerais qu’après mon WE pour le moins « exotique » à Amsterdam la chaleureuse, j’ai du mal à côtoyer à nouveau mon téléphone, mon imprimante et mon ordinateur (tous les trois gris) qui peuplent le décor ocre et marron de mon bureau. En même temps, je préfère leur compagnie à celle de mes collègues qui eux virent carrément au gris foncé. Je sais pertinemment que j’aurais beau les trifouiller, eux, je ne tomberai jamais sur un site de streaming des Simpsons, de jeux flash ou à la limite un site porno (et pourtant je peux vous dire que vu la myriade de pare feux ici c pas évident). Je leur reconnais par contre le fait que quand on les voit toute la journée, tout évènement extérieur confine à l’hilarité. Ah tiens le mec de la tour d’en face s’est encore crotté le nez. Ça y est je deviens fou ! Heureusement que mon chat en porcelaine Tokyo (tout à fait, je l’ai ramené de là bas) est là ; quoiqu’il ne soit pas d’humeur causante aujourd’hui.

Enfin bref, chaque jour qui passe ici dans ma tour d’acier teinté de bad, j’ai de plus en plus de mal à justifier ma présence au sein du groupe (ou comme le disent pudiquement les lèche-culs, euh pardon… les potentiels prometteurs, « la famille ». Si si je promets !). Je me permets donc de vous demander si vous avez des idées de reconversion pour moi.
J’expose mon profil rapidement : je suis porté sur l’histoire, l’économie, la politique et l’ésotérisme (non il n’y aucun lien logique je sais). J’ai fait des études qui me prédestinait à faire partie de « l’élite de ce pays » comme aimaient à le répéter mes professeurs avec leur ton infiniment condescendant. J’aime écouter les Pink Floyd, Jimi Hendrix mais aussi toutes sortes de musiques allant du classique au hip hop. J’ai un penchant raisonnable pour l’humanitaire, j’adore voyager et je ne peux pas blairer les ultra écologistes (désolé si vous en êtes un) ni les gros bourges (cette fois ci je ne m’excuse pas et pourtant j’en fait socialement partie). Je pense aussi que Karl Marx a fondamentalement raison dans son analyse de l’histoire (mais ca j’en parlerai plus en détail dans un message dédié). Ah oui ! J’affectionne toutes les sortes de psychotropes et les filles mamelues (si ma copine tombe sur ce message, gros bisous ma chérie. Tu sais que je rigole). Un détail qui peut avoir son importance ; je fais partie d’une minorité visible (non pas celle là, un peu moins visible). Et oui je suis français monsieur !

Pour vous donner une piste, j’aimerais pouvoir vivre juste en écrivant soit des livres, des scénarios de films ou de séries… Si quelqu’un veut me subventionner pour que je le fasse marrer 2 fois par semaine, je suis partant aussi. Toute proposition de porno, fétichisme, braquage ou autre activité que la morale populaire désapprouve mais que notre corps et/ou portefeuille approuve sera soigneusement étudiée aussi.

Merci à tous de votre contribution. (J’espère que vous dépasserez les deux).
P.S : Non je ne travaille pas dans la fonction publique. Ça aussi je vous laisse chercher ; que fais je en ce moment ? Enfin pas en ce moment précis (d’autant que cela pourrait être peu avouable) mais comme de job je veux dire…

BIENVENUE!


Bonjour à tous et à toutes. Bienvenue sur ma page web. Ce blog se veut sans thème particulier ni ligne éditoriale précise. Il me sert, de manière générale, à partager les idées marrantes ou plus existentielles qui me traversent l'esprit: anecdotes du quotidien, sujets d'actualité, voyages, histoire, art, nouvelles... Il me permettera aussi d'exposer la pénibilité de mon nouveau job. Il n'est, en aucun cas, une transposition virtuelle de ma vie réelle. Je vous invite à y jeter un coup d'oeil de temps en temps. N'hésitez pas à faire part de vos commentaires et vos idées d'amélioration. A bientôt.