
Bon bah décidemment aujourd’hui aura été une journée en « hypotension » ; à savoir un état d’aversion à l’activité qui signale une approche critique de la zone de dépression. Mais j’ai encore un peu de marge… j’espère.
Il faut dire que Paris ne m’aide beaucoup, en ce moment. On dirait que la ville a pris de l’avance sur les signes avant coureurs de l’apocalypse (je lis pas mal sur le sujet en ce moment si ça peut vous donner une idée de mon état d’esprit).Vents glaciaux, couche de nuages gris permanente, pluies soudaines et violentes. De temps en temps, je vérifie par la fenêtre si La Bête n’est pas en train de rôder dans les parages avec un agneau ensanglanté dans la gueule. D’autant plus que mon we très ensoleillé à la campagne chez un ami homosexuel de ma copine (50% d’entre eux le sont, je ne sais pas pourquoi) m’a un peu désadapter au temps de merde.
En même temps, ça me prépare un peu à Atryrau city. Soyez patients vous n’entendrez bientôt plus parler que de ça sur ce blog !
Autant dire que j’étais remonté à bloc pour attaquer cette semaine de joyeux labeur : arrivée à Badland Ltd vers 10h15, habillage, consultation assidue de mes mails, pause café clope. Oui vous avez bien lu, je me change au bureau ; je laisse toujours un costard accroché (en l’occurrence étendu car je n’ai pas de cintre en ce moment). J’enfile mon uniforme en arrivant et je m’en déleste en sortant. Non pas que je vive dans une cité dangereuse et minée par le chômage mais je me sens toujours un peu ridicule en costume ; est ce qu’un boucher (ou un chirurgien moldave) se promène avec son tablier maculé de sang dans les rues de la ville ? Eh ben moi non plus. A toux ceux qui ont répondu oui à la précédente question, je leur conseille de changer de boucher rapidement. Il est peut être déjà trop tard au moment où je vous écris.
Cette habitude me procure d’autant plus de satisfaction, qu’elle flatte mes tendances exhibitionnistes. Et je vous avouerais qu’en ce moment je suis servi ; la tour d’en face étant très proche de nos bureaux, je suis à peine défroqué qu’une demi douzaine de paires d’yeux affolées et outrées se posent sur mon « paquito » indécent. Je peux vous dire qu’il sait les recevoir en frétillant un bon coup dans son étui. Et encore j’ai la politesse de garder le bas!
Enfin bref, le temps que la sève redescende de l’arbre, je me rends compte que mon téléphone est verrouillé ; après enquête, j’apprends qu’un technicien l’a désactivé et que comble de la chance il ne pourra le remettre en marche que mercredi car il est en formation. Et un moyen de communication vers l’extérieur en moins ; chic je commençais à être agoraphobe. Cet évènement était un signe clair que je devais aller rejoindre mes quelques amis à mon ancien bureau avant de commettre l’irréparable. Je préviens donc ma mégère de chef (je suis méchant parcequ’elle est gentille au fond. Arretez de faire oooooh !!) que je ne mangerai pas avec elle aujourd’hui encore et je file à l’autre tour (oui je vis entre deux tours mais ça n’a rien d’un remake du seigneur des anneaux). Là bas, je déjeune deux fois ; une fois en tant qu’acteur et la seconde en tant que spectateur. Ensuite je joue à mon jeu préféré : « la balle de billard » je rebondis d’un bureau de pote (je sais pas comment dire autrement) à un autre jusqu’à ce que tout le monde me chasse officiellement. J’ai tenu deux heures aujourd’hui ; beau score !
Une fois revenu à mon bureau, je constate avec plaisir qu’il n’y a plus personne à l’étage. Je me rends compte que j’ai un entretien de prévu au ministère de la récession technique vers 18h. Un sentiment d’angoisse étouffante m’envahit aussitôt rien qu’en m’imaginant errer comme une souris piégée dans le labyrinthe du bâtiment Colbert (et encore j’ai de la chance ce n’est pas le hall Vauban). Je pris donc mon téléphone et me décommandai des mes deux entretiens (je me disais qu’un double fill à la suite ferait moins mal) auprès de la secrétaire en prétextant être coincé à Pau à cause de la grève aérienne. Excuse mesquine mais crédible (merci camarades pilotes d’Airfrance ; puisse votre combat aboutir avant que j’ai besoin à nouveau de prendre l’avion pour de bon). La dame me proposa de fixer un nouveau rendez vous mais j’esquivai rapidement en disant que je la rappellerai après avoir checké mon agenda surchargé (j’ai un événement le 24 décembre et un autre le 31). Je pense que je ne la rappellerai jamais. Merde alors je vais être black listé dans ce département ! Tant pis ; c’est bon de brûler les navires de temps en temps.
En fait, en me remémorant les différents entretiens (voir messages précédents) que j’ai eu au ministère la semaine dernière, je me suis rendu à la dure réalité ; je ne suis pas fait pour être cloîtré pendant des heures dans un bureau exigu, surchargé de dossiers mal rangés avec pour seul horizon visuel une moquette vert pale mouchetée de bleu. Oui, je confirme, les clichés en la matière sont vrais, voire sous évalués. Et une fois votre rapport imbittable au commun des mortels fini, il faut aller le présenter, de préférence de manière obséquieuse et servile, à un chef austère et dégarni qui reporte toute la frustration du refus de sa dernière promotion sur vous (et probablement un peu le fait que sa femme soit imbaisable et que les autres le font payer). Car à force d’entasser des diplômés d’écoles prestigieuses dans les postes A+ (c’est l’équivalent de cadre dans le jargon public) des ministères ils finissent par se barrer la route. Et du coup, inévitablement, une carrière ne se joue plus à la compétence avérée mais aux litres d’auguste sperme hiérarchique que l’on peut avaler (veuillez excuser ma vulgarité mais si vous avez été choqués par celle-ci ne lisez pas les phrases d’après). Je n’ai ni la gorge assez profonde ni assez de salive pour faire passer tout ça. En même temps, je sais, personne ne se définit comme étant un gros suceur de chefs ; les gens préfèrent dire « je suis ambitieux ! », ça sonne mieux généralement.
Je préfère encore effleurer de temps en temps le gland fané de mes boss actuels pour leur donner un petit kiff. Ils ne sont pas très difficiles à satisfaire, il faut leur reconnaître cette qualité.
Pour être honnête (profitez en), l’image de ses bureaux fermés et identiques qui entrecoupent à perte de vue les murs en marbre marron du ministère me glacent un peu le sang. Je trouve mon bureau presque chaleureux en comparaison et en plus je suis assez libre de mes allées et venus car une réunion est si vite prétextée ici. Ce serait stupide de ma part de quitter mon bad ordinaire pour me précipiter vers un autre plus hardcore. Quoique la suite du programme si je reste ici risque de rééquilibrer tout ça…
Plus sérieusement, pendant que je me lamente sur mon sort comme une lopette (j’en suis conscient rassurez vous), les 20 dirigeants des plus puissants de la planète se réunissaient à Washington pour trouver une solution « métaphysique » à la crise économique mondiale. C’est marrant je croyais que c’étaient les mêmes qui l’avaient laissée éclore. Faut croire que je suis un peu limité.
Quoiqu’il en soit, saviez que ces 20 pays représentent à eux tous seuls 85% du PIB (et donc de la richesse) mondial ? Ça vous donne une idée du poids qu’ont les 100 et quelques autres pays dans les organismes internationaux et les négociations multilatérales.
Vous savez peut être aussi que dès les années 50, des économistes renommés avaient théorisé la croissance « zéro » comme le point stable d’une économie développée. Ça aura pris du temps mais on y est finalement arrivés ; sauf que maintenant on n’est pas contents ! L’insatisfaction humaine est chronique décidemment ! C’est pour ça que notre vie est labeur et que nos femmes enfantent dans la douleur !
Sur ces considérations d’une érudition et d’une profondeur difficiles à égaler (je laisse une chance aux autres car je suis modeste), je me tire de ce trou à rats savants car, je vous le rappelle, je suis déjà seul à mon étage (eh oui il n’y a pas qu’à la fonction publique qu’on se tripote la seringue…)
Ciao et j’attends toujours vos propositions d’emploi… ou autre (j’ai rien dit !)
P.S : BlackMonk est ce bien toi ?
P.S 2 : J’ai hésité longtemps avant de mettre cette photo horrible comme illustration du thème peste vs choléra. Mais elle m’a fait tellement marrer que je la laisse un peu avant de la remplacer par une image un peu plus « intellectuelle»
Il faut dire que Paris ne m’aide beaucoup, en ce moment. On dirait que la ville a pris de l’avance sur les signes avant coureurs de l’apocalypse (je lis pas mal sur le sujet en ce moment si ça peut vous donner une idée de mon état d’esprit).Vents glaciaux, couche de nuages gris permanente, pluies soudaines et violentes. De temps en temps, je vérifie par la fenêtre si La Bête n’est pas en train de rôder dans les parages avec un agneau ensanglanté dans la gueule. D’autant plus que mon we très ensoleillé à la campagne chez un ami homosexuel de ma copine (50% d’entre eux le sont, je ne sais pas pourquoi) m’a un peu désadapter au temps de merde.
En même temps, ça me prépare un peu à Atryrau city. Soyez patients vous n’entendrez bientôt plus parler que de ça sur ce blog !
Autant dire que j’étais remonté à bloc pour attaquer cette semaine de joyeux labeur : arrivée à Badland Ltd vers 10h15, habillage, consultation assidue de mes mails, pause café clope. Oui vous avez bien lu, je me change au bureau ; je laisse toujours un costard accroché (en l’occurrence étendu car je n’ai pas de cintre en ce moment). J’enfile mon uniforme en arrivant et je m’en déleste en sortant. Non pas que je vive dans une cité dangereuse et minée par le chômage mais je me sens toujours un peu ridicule en costume ; est ce qu’un boucher (ou un chirurgien moldave) se promène avec son tablier maculé de sang dans les rues de la ville ? Eh ben moi non plus. A toux ceux qui ont répondu oui à la précédente question, je leur conseille de changer de boucher rapidement. Il est peut être déjà trop tard au moment où je vous écris.
Cette habitude me procure d’autant plus de satisfaction, qu’elle flatte mes tendances exhibitionnistes. Et je vous avouerais qu’en ce moment je suis servi ; la tour d’en face étant très proche de nos bureaux, je suis à peine défroqué qu’une demi douzaine de paires d’yeux affolées et outrées se posent sur mon « paquito » indécent. Je peux vous dire qu’il sait les recevoir en frétillant un bon coup dans son étui. Et encore j’ai la politesse de garder le bas!
Enfin bref, le temps que la sève redescende de l’arbre, je me rends compte que mon téléphone est verrouillé ; après enquête, j’apprends qu’un technicien l’a désactivé et que comble de la chance il ne pourra le remettre en marche que mercredi car il est en formation. Et un moyen de communication vers l’extérieur en moins ; chic je commençais à être agoraphobe. Cet évènement était un signe clair que je devais aller rejoindre mes quelques amis à mon ancien bureau avant de commettre l’irréparable. Je préviens donc ma mégère de chef (je suis méchant parcequ’elle est gentille au fond. Arretez de faire oooooh !!) que je ne mangerai pas avec elle aujourd’hui encore et je file à l’autre tour (oui je vis entre deux tours mais ça n’a rien d’un remake du seigneur des anneaux). Là bas, je déjeune deux fois ; une fois en tant qu’acteur et la seconde en tant que spectateur. Ensuite je joue à mon jeu préféré : « la balle de billard » je rebondis d’un bureau de pote (je sais pas comment dire autrement) à un autre jusqu’à ce que tout le monde me chasse officiellement. J’ai tenu deux heures aujourd’hui ; beau score !
Une fois revenu à mon bureau, je constate avec plaisir qu’il n’y a plus personne à l’étage. Je me rends compte que j’ai un entretien de prévu au ministère de la récession technique vers 18h. Un sentiment d’angoisse étouffante m’envahit aussitôt rien qu’en m’imaginant errer comme une souris piégée dans le labyrinthe du bâtiment Colbert (et encore j’ai de la chance ce n’est pas le hall Vauban). Je pris donc mon téléphone et me décommandai des mes deux entretiens (je me disais qu’un double fill à la suite ferait moins mal) auprès de la secrétaire en prétextant être coincé à Pau à cause de la grève aérienne. Excuse mesquine mais crédible (merci camarades pilotes d’Airfrance ; puisse votre combat aboutir avant que j’ai besoin à nouveau de prendre l’avion pour de bon). La dame me proposa de fixer un nouveau rendez vous mais j’esquivai rapidement en disant que je la rappellerai après avoir checké mon agenda surchargé (j’ai un événement le 24 décembre et un autre le 31). Je pense que je ne la rappellerai jamais. Merde alors je vais être black listé dans ce département ! Tant pis ; c’est bon de brûler les navires de temps en temps.
En fait, en me remémorant les différents entretiens (voir messages précédents) que j’ai eu au ministère la semaine dernière, je me suis rendu à la dure réalité ; je ne suis pas fait pour être cloîtré pendant des heures dans un bureau exigu, surchargé de dossiers mal rangés avec pour seul horizon visuel une moquette vert pale mouchetée de bleu. Oui, je confirme, les clichés en la matière sont vrais, voire sous évalués. Et une fois votre rapport imbittable au commun des mortels fini, il faut aller le présenter, de préférence de manière obséquieuse et servile, à un chef austère et dégarni qui reporte toute la frustration du refus de sa dernière promotion sur vous (et probablement un peu le fait que sa femme soit imbaisable et que les autres le font payer). Car à force d’entasser des diplômés d’écoles prestigieuses dans les postes A+ (c’est l’équivalent de cadre dans le jargon public) des ministères ils finissent par se barrer la route. Et du coup, inévitablement, une carrière ne se joue plus à la compétence avérée mais aux litres d’auguste sperme hiérarchique que l’on peut avaler (veuillez excuser ma vulgarité mais si vous avez été choqués par celle-ci ne lisez pas les phrases d’après). Je n’ai ni la gorge assez profonde ni assez de salive pour faire passer tout ça. En même temps, je sais, personne ne se définit comme étant un gros suceur de chefs ; les gens préfèrent dire « je suis ambitieux ! », ça sonne mieux généralement.
Je préfère encore effleurer de temps en temps le gland fané de mes boss actuels pour leur donner un petit kiff. Ils ne sont pas très difficiles à satisfaire, il faut leur reconnaître cette qualité.
Pour être honnête (profitez en), l’image de ses bureaux fermés et identiques qui entrecoupent à perte de vue les murs en marbre marron du ministère me glacent un peu le sang. Je trouve mon bureau presque chaleureux en comparaison et en plus je suis assez libre de mes allées et venus car une réunion est si vite prétextée ici. Ce serait stupide de ma part de quitter mon bad ordinaire pour me précipiter vers un autre plus hardcore. Quoique la suite du programme si je reste ici risque de rééquilibrer tout ça…
Plus sérieusement, pendant que je me lamente sur mon sort comme une lopette (j’en suis conscient rassurez vous), les 20 dirigeants des plus puissants de la planète se réunissaient à Washington pour trouver une solution « métaphysique » à la crise économique mondiale. C’est marrant je croyais que c’étaient les mêmes qui l’avaient laissée éclore. Faut croire que je suis un peu limité.
Quoiqu’il en soit, saviez que ces 20 pays représentent à eux tous seuls 85% du PIB (et donc de la richesse) mondial ? Ça vous donne une idée du poids qu’ont les 100 et quelques autres pays dans les organismes internationaux et les négociations multilatérales.
Vous savez peut être aussi que dès les années 50, des économistes renommés avaient théorisé la croissance « zéro » comme le point stable d’une économie développée. Ça aura pris du temps mais on y est finalement arrivés ; sauf que maintenant on n’est pas contents ! L’insatisfaction humaine est chronique décidemment ! C’est pour ça que notre vie est labeur et que nos femmes enfantent dans la douleur !
Sur ces considérations d’une érudition et d’une profondeur difficiles à égaler (je laisse une chance aux autres car je suis modeste), je me tire de ce trou à rats savants car, je vous le rappelle, je suis déjà seul à mon étage (eh oui il n’y a pas qu’à la fonction publique qu’on se tripote la seringue…)
Ciao et j’attends toujours vos propositions d’emploi… ou autre (j’ai rien dit !)
P.S : BlackMonk est ce bien toi ?
P.S 2 : J’ai hésité longtemps avant de mettre cette photo horrible comme illustration du thème peste vs choléra. Mais elle m’a fait tellement marrer que je la laisse un peu avant de la remplacer par une image un peu plus « intellectuelle»
2 commentaires:
Mais comment peux-tu donc te tourmenter à ce point sur ton travail alors qu'il t'offre un magnifique champ d'études sociologiques sur le "monde de l'entreprise" où nous sommes tous censés nous "épanouir"?
Bon courage en tout cas, on attend la suite avec impatience
Bon, c'est pour quand la suite ???
Je m'emmerde comme un rat mort au taf !!
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